Qui je suis

Sam.
Fondateur.

Sam, fondateur de Quitopia, en voyage

Le décrochage initial

Pendant longtemps, j'ai suivi une trajectoire qui semblait logique. Des études d'ingénieur. Un métier dans la construction. Une direction qui faisait sens.

Et pourtant, vers vingt-cinq ans, j'ai commencé à ressentir une forme de décalage difficile à expliquer. Pas un effondrement brutal. Plutôt une fatigue diffuse. Une impression de fonctionner davantage que de vivre réellement.

Je voyais assez clairement le chemin qui se dessinait devant moi : carrière, stabilité, progression logique. Mais plus ce futur devenait concret, plus je sentais qu'il risquait de m'emmener vers une forme d'insatisfaction profonde.

À cette époque, je n'avais pas encore les mots pour comprendre ce que je ressentais. Je savais simplement qu'une partie de moi avait besoin de prendre du recul avant de continuer à construire une vie entière sur des choix que je n'avais jamais vraiment questionnés.

Alors je suis parti voyager. Sans projet précis, sans vision romantique du "changement de vie", et sans certitude de trouver des réponses.

J'avais besoin d'espace, d'expériences nouvelles, et surtout de recul. J'essayais sans doute, sans le formuler ainsi, de comprendre qui j'étais en dehors du parcours que j'avais appris à suivre.

Les années qui ont suivi

Les années qui ont suivi n'ont pas ressemblé à une transformation soudaine ou parfaitement maîtrisée. Elles ont surtout été lentes, progressives, et parfois contradictoires.

Le voyage m'a ouvert à d'autres manières de vivre, de travailler et de penser le quotidien. Petit à petit, j'ai commencé à voir que gagner moins en travaillant moins n'était pas un échec, et que certaines stabilités coûtaient plus cher qu'elles ne rapportaient.

Mais cette période a aussi demandé beaucoup de vulnérabilité. J'ai laissé derrière moi une grande partie de la stabilité financière et des repères sur lesquels je m'étais construit jusque-là. Pendant plusieurs années, j'ai vécu avec une sensation à peu près permanente d'incertitude.

Le plus difficile n'a pas été de partir. Le plus difficile a été d'accepter de ne pas savoir immédiatement où j'allais.

Comme beaucoup de personnes en transition, j'ai aussi idéalisé certaines choses. À un moment, j'ai essayé de créer un projet d'éco-village en France avec des amis proches. L'idée était de construire un lieu collectif plus simple, plus communautaire. Le projet s'est confronté à la réalité : contraintes administratives, visions différentes, complexité humaine. Il a fini par s'arrêter.

De mon côté, je partageais déjà ma vie entre la France et les Philippines, jusqu'au moment où j'ai compris qu'essayer de maintenir deux vies en parallèle était devenu impossible.

Aujourd'hui, je vis aux Philippines avec ma femme et nos deux enfants. Nous y avons construit Riverback Sanctuary, un lieu de vie et d'accueil qu'on développe au fil des années.

Cette stabilité reste imparfaite et parfois fragile. Vivre loin de son pays implique des sacrifices : l'éloignement des proches, certaines formes de solitude, les défis administratifs, l'équilibre d'un couple multiculturel, ou cette sensation qu'une partie de la vie reste toujours un peu plus précaire lorsqu'on construit ailleurs.

J'ai également recommencé à exercer comme ingénieur, à distance et à mes conditions. C'est devenu Inertia Ingénierie, un bureau d'études en thermique et performance environnementale du bâtiment. Ce n'était pas un retour en arrière, parce que ce qui m'avait épuisé, avant, n'avait jamais été le métier. C'était le salariat : le cadre imposé, les horaires subis, le temps confisqué. Le même travail, exercé en indépendant, n'avait plus rien à voir. J'avais retrouvé la main.

Ce que ces années m'ont appris est plus simple que ce que j'aurais voulu entendre à l'époque : changer de vie ne résout pas automatiquement les contradictions humaines. Mais cela peut permettre de construire une vie plus honnête avec soi-même.

Pourquoi Quitopia

De ces années, j'ai gardé une conviction, et elle vient de mon métier autant que de mon parcours.

Concevoir un bâtiment, c'est toujours le même geste : analyser des contraintes réelles (le climat, l'usage, le budget, les matériaux disponibles) et en tirer une structure qui tienne dans le temps. Pas la plus ambitieuse. La plus cohérente avec son environnement. Un bâtiment qui ignore son climat vieillit mal, coûte cher, ou ne fonctionne jamais vraiment.

À Riverback, j'ai poussé ce raisonnement à l'échelle d'un lieu de vie entier : les habitations, l'eau, l'énergie, le paysage, l'accueil. Un système où chaque choix doit composer avec les autres et avec le terrain.

Et la question a fini par se retourner. Si une maison, un lieu, se conçoivent comme ça, pourquoi pas une vie ? Une trajectoire de vie est elle aussi un système : le travail, le lieu, le rythme, l'argent, les gens autour. Autant de variables à mettre en cohérence, avec leurs contraintes et leurs arbitrages. Certaines trajectoires tiennent. D'autres sont fragiles : pas par manque d'envie, mais par manque de cohérence avec le réel.

Ce qui m'a le plus manqué pendant mes propres transitions, ce n'était ni la motivation, ni les opportunités. C'était précisément ça : un cadre pour analyser ma situation honnêtement, comme j'aurais analysé un projet : sans le bruit motivationnel ambiant, sans la lenteur thérapeutique, sans les simplifications des réseaux sociaux.

Quitopia est l'outil que j'aurais voulu avoir à l'époque. Un espace pour faire le tri, structurer sa réflexion, et avancer plus lucidement, sans pression à devoir tout changer pour autant.

Je ne suis ni coach, ni thérapeute, et je n'ai pas la prétention d'avoir des réponses universelles. Je partage une méthode (celle d'un ingénieur qui regarde si un projet tient debout) dans un format qui aide concrètement : un rapport personnel structuré, accessible, à lire avant de décider.

C'est ce que Quitopia est, en une phrase : la structure qu'il te manque entre la fatigue et le grand saut.

Pour la posture complète, voir le manifeste →

Pour commencer

Si tu traverses une période de questionnement ou de transition, le bilan gratuit est probablement la meilleure porte d'entrée. Douze questions, cinq minutes, une lecture personnalisée d'une page en retour.

Faire le bilan gratuit

Ou simplement, recevoir des nouvelles de temps en temps : La Lettre →

Sam · Ingénieur · Créateur de Riverback Sanctuary · Fondateur de Quitopia